Les p’tits Gris vainqueurs à Chelles

Voici le compte rendu du tournoi de notre ami 42 :

Il ne faudrait pas que ce tournoi des Rhum-Anis-Chelles reste sans compte-rendus, tant d’événements mémorables pour les P’tits Gris s’y déroulèrent (oui bon je sais, j’en fais un peu trop, mais de toute façon, attendez vous à du lyrique). Un mot, d’abord sur le « para sportif » : l’organisation fut sans faille, l’ambiance très sympathique, tout le monde fut charmant : un vrai plaisir. Et comme le temps fut excellentissime, toutes les conditions étaient réunies pour se régaler… ce fut le cas.

Côté P’tits Gris, au petit matin, nous n’en menions pas large, à nous compter sur le parking du stade Maurice Grouselle. Les deux mains suffisaient. Les tonnelles de Bidouche et Xav paraissaient bien grandes. Mais, par la grâce d’un prompt renfort templio-briard (et de quelques arrivées tardives), nous atteignîmes avant le premier match un effectif respectable, bien que légèrement parsemé en trois-quart.

Après un bref échauffement (sans croix, tout se perd ma bonne dame), nous attaquions notre premier match contre un adversaire dont le nom fait trembler sur toutes les pelouses de France et de Navarre (nan je déconne) : Les Prostatiques. [Petit rappel de règlement : il s’agissait d’un tournoi à 10 joueurs par équipe, sur demi terrain. 2 poules, les deux premiers de chaque poule se retrouvant en demi-finales]

Dès l’entame, le ton était donné. Après quelques temps de jeu, la première mêlée dans le camp des prostatiques permettait à notre bien-aimé demi-de-mêlée d’aplatir en coin et de découvrir par la même ce qui allait devenir le fil rouge de la journée : CE PUTAIN DE TERRAIN DE MERDE ARRACHE LA GUEULE A CHAQUE CONTACT, BORDEL !!! Bref, nous laissions une partie de notre anatomie à chaque fois que nous quittions la station verticale. Meurtri dans ma chair, j’en garde un souvenir douloureux dans la moindre partie superficielle de mon être (qui ne l’est pas, lui, vous vous en doutez).

Malgré cet environnement hostile, nous avions la main sur cette première partie. L’intégration des nouvelles recrues venues de Combs-la-Ville se faisait sans peine et validait la politique de recrutement somptuaire de notre président Nini. 1-0 à la mi-temps puis rapidement 2-0, grâce à un bon décalage de Léo pour son ailier Mathieu (un collègue venu prêté main forte) qui arrivait lancé dans le bon timing. Malgré un essai en contre concédé (un peu contre le cours du jeu, il faut bien le dire), les P’tits Gris ne s’affolaient pas et enfonçaient le clou avec un troisième essai signé Léo, notre demi d’ouverture. 3-1, score final de ce premier match qui nous lançait idéalement dans le tournoi.

Nous enchaînâmes (avec deux accents, oui oui) directement avec notre deuxième adversaire du jour, Les éponges, fort sympathique équipe. Sur notre lancée, nous dominèrent et finîmes le match avec un score assez large pour prendre la tête de la poule (6-0, essais de Léo (x2?), Fred?, Stéphane?, Impala?). Malheureusement, nous perdions Mathieu (cf supra) lors d’un collision malheureuse de son épaule avec le sol, bien aidé par un deuxième ligne d’en face (!) : première venue des pompiers.

Lors de notre dernier match de la matinée, nous affrontions donc les Tontons Festois pour la première place de la poule. Un match nul nous suffisait, une défaite nous condamnait à la deuxième place (et une demie probablement moins facile). Les gars d’en face étaient gaillards, et pour tout dire un peu plus rugueux que ce à quoi nous sommes habitués dans nos joutes amicales hebdomadaires. Nos adversaires concrétisèrent assez rapidement leur domination physiques et marquèrent le premier essai. Mais les P’tits Gris serrèrent les dents (ce qui, vous en conviendrez, n’est pas banal pour des gastéropodes) et, à force de courage, s’approchaient de l’en but adverse. Les Tontons se mettaient à la faute, mais n’étaient guère pénalisés. Les P’tits Gris finirent par aplatir, sous l’impulsion du grand Xav, mais l’arbitre trouvait le moyen de refuser l’essai. Ce n’était que partie remise, et quelques instants plus tard Steph (?) nous ramenait dans le match grâce à un essai plein de détermination. Les débats se durcirent alors un peu plus. L’arbitre ne broncha pas lorsque l’un d’entre nous se fit piétiner l’œil par un crampon mal intentionné, mais expulsa au contraire l’un des nôtres (Pierrick) pour un raffut un peu trop appuyé. C’en était trop. Les adversaires reprirent logiquement le contrôle du match. Nous résistèrent vaillamment, à 9 contre 10, assénant les placages dévastateurs. Nous eûmes l’occasion de gérer la fin de partie, mais une mésentente en touche permettait à l’adversaire de marquer l’essai qui sonnait le glas de nos espérances de première place de poules. Cette opposition à la limite et cette fin de match mal gérée nous laissait un goût amer. Mais, comme disait mon grand-père, « Dans la vie, on se croise toujours deux fois ». La suite lui donnerait raison.

Comme j’ai vécu la demi finale contre Chelles en direct des urgences de l’hôpital de Jossigny, alimenté en info minute par minute par Bébert, je ne peux vous en dire beaucoup. D’aucuns pourront le faire à ma place. Mais je sais au moins que Saussouze, arrivé pour l’heure de l’apéro (étonnant, non?), a donné un bon coup de main, et que les P’tits Gris s’imposèrent 3-0 contre une plaisante équipe de Chelles qui inaugurait, il me semble, de nouveaux shorts… Les Ptits Gris se qualifiaient ainsi pour la finale du Tournoi, où ils retrouvèrent… les Tontons Festois, leurs bourreaux des matchs de poule… ainsi que le même arbitre qui y avait officié alors…

La rencontre fut acharnée, et il faut bien reconnaître que ce ne devait pas être très beau à voir. Les deux équipes se rendaient coup pour coup. Saussouze planta le premier. Les Tontons répliquèrent. (1-1) Sur une action près de la ligne adverse, Impala, plaqué rudement, laissa son genou sur la touche (pompiers, acte II). Les esprits s’échauffaient, et la passion du moment entraînait une cacophonie que l’arbitre avait bien du mal à supporter. Sur la dernière action de la première mi-temps, les Tontons crurent doubler la mise, mais plaqué, le porteur de la gonfle faisait en avant sur la ligne d’en but. L’arbitre envoyait donc tout le monde se calmer sur un score de parité. Les P’tits Gris profitèrent de la mi-temps pour retrouver leur sang-froid, et le gardèrent jusqu’à la fin du match. Non je déconne… La deuxième repartit comme la première et de nombreux témoins sur la touche (y compris d’autres équipes) purent observer l’attentat caractérisé dont fut victime la fameuse protubérance nasale de Fred. Le coup de tête asséné sur la pauvre victime n’avait rien d’amical, et le pif du susnommé qui avait déjà suffisamment souffert dans sa longue carrière, décida d’éclater. Le tarin se mit à pisser le sang comme un cochon qu’on égorge, et le propriétaire du nez à braire comme un âne. Ces deux traits caractéristiques accompagnèrent Fred jusqu’à la fin de son match (et même après diront certaines mauvaises langues…). Mais il fallait bien continuer à batailler. Bébert porta l’estocade en jouant « finement » un petit côté bien inspiré derrière une mêlée. 2-1. Les tontons répliquaient dans la foulée. 2-2. La lutte était acharnée, et après des plaquages dangereux de part et d’autres, l’arbitre décida d’exclure… un P’tits Gris. Nous finissions le temps réglementaire à 10 contre 9, mais ne nous ne lâchions pas. Direction : les prolongations et l’essai en or. Les deux équipes étaient cramés, et fébriles. Toujours à 9, nous nous lançons dans cette prolongation, bille en tête, avec la ferme intention de nous imposer. Un beau groupé pénétrant nous emmène dans l’en-but, mais l’arbitre décide (encore) de ne pas accorder l’essai. Plusieurs fois, nous sommes en danger. Nous plions, mais ne cédons pas. Nous plaquons, reculons, grattons. Énième mêlée. Le match va basculer. La victoire va choisir son camp. Le ballon est gagné en mêlée suite à une terrible poussé du pack P’tits Gris. Le ballon sort et va jusqu’au 10, Bébert, qui fixe 10 et 12 et qui remet subtilement au 9 qui redouble. Le ballon est écarté jusqu’à Saussouze qui doit jouer le 2 contre 1. Il choisit la sécurité : en force ! Le ballon est cette fois nettement aplati, l’arbitre siffle donc la fin du match sur ce magnifique essai. Le public est en liesse, les joueurs s’embrassent, les P’tits Gris font leur désormais célèbre haka avec le maire de Chelles (qui parut légèrement décontenancé au moment de bourrer la coquille)… Victoire des P’tits Gris 3-2 et gain du tournoi. Notre nom sera à tout jamais gravé sur une cuvette de chiottes que nos petits enfants considéreront comme légendaire.

Bref, ce fut une bien belle journée. Bravo aux P’tits Gris et à nos valeureux camarades templiers (P’tits Gris d’un jour !) pour les 16 essais marqués. Merci à ceux qui sont venus (nombreux) nous encourager. Et merci aux romanos et gentils organisateurs chellois !

(Désolé pour les imprécisions, j’ai été un peu intermittent, et aussi souvent le nez dans ce qui tenait lieu de gazon…)

9 réflexions au sujet de « Les p’tits Gris vainqueurs à Chelles »

  • 20 avril 2015 à 12:20
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    Félicitations aux p’tits présents et surtout un grand Bravo à Sylvain, notre grand demi de mêlée. Un article de haute volée avec son lot de suspens et d’action. On sent que la bataille a été rude et on se demande si tout le monde est rentré en vie dans leur chaumières respectives. Que de rebondissements dans cette finale qui sentait bon les joutes d’antan ! Je regrette de ne pas avoir pu en découdre à vos cotés amis Gastéropodus…ce n’est que partie remise, je vous l’assure !
    Tout ceci promet de voir une belle équipe à Dieppe….
    Bonne lecture et bonne journée à tout le monde.
    Gourmette.

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  • 20 avril 2015 à 18:25
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    A force on va demander l augmentation des primes pour match gagné au Prez

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  • 21 avril 2015 à 14:01
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    Miam, j’ai pas perdu une miette du texte de l’ami 42. On y était encore avec tous les Templiers Gris réunis !
    Effectivement, M. le maire était très hésitant sur ce qu’il fallait faire de la coquille de notre Haka, madame le maire lui donnera peux être un cours de rattrapage…
    Merci encore à tous et aux Rhum Anis pour cette formidable journée.

    PS : Si vous avez trouvé un genou et une épaule sur le terrain merci de me les rapporter j’en ai besoin. Merci.

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